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Une question de justice   (précédent)

Je suis sidéré de ce qu'aujourd'hui, dans un pays sois-disant civilisé comme la France, on puisse émettre des jugements et même décider d'actions potentiellement létales sur la base de bruits de chiottes.

Car oui, il faut bien nommer un chat un chat, de trop nombreuses 'informations en provenance de ...' ne sont rien d'autre que des bruits de chiottes.

Il y a pourtant eu des précédents, nombreux, de sois-disant crimes odieux qui se sont révélés des canulars, quand il ne s'agissait pas de mises en scènes pures et simples, voire de messages de propagande acceptés avec bienfaisance.

Et pourtant, notre classe journalistique continue, dans sa recherche de l'information qui fera scoop, de nous abreuver de bruits de chiottes tous aussi peu vérifiés (et même vérifiables) les uns que les autres.

Exemple :

La vidéo qui circule en ce moment sur Internet, relayée par de grands média nationaux comme TF1, et qui montrerait une exécution sommaire d'une femme en Afghanistan. Du grand art !

  • L'origine de la vidéo tout d'abord : non précisée, mais elle a été fournie par l'AFP (reprise par Euronews ?), donc c'est du solide. Ah bon ?, mais alors c'est un journaliste de l'AFP qui a filmé la scène ? Si oui, il est complice puisque l'auteur de la vidéo est celui-là même qui tend le fusil automatique au 'bourreau'. Si non, alors l'AFP devrait citer ses sources. Les journalistes de l'AFP semblent alors avoir de bien curieuses relations...

  • La mise en scène ensuite : une vidéo tournée au téléphone portable, de très mauvaise qualité, et qui ne permet pas d'identifier quiconque. Sauf quand il y a des gros plans, et là, comme par hasard, les personnes sont moitié masquée ... ben voyons.

  • Ensuite la victime : parfaitement immobile. Et quand je dis parfaitement, je veux dire qu'aucun mouvement le plus petit soit-il n'est détectable. Voilée des pieds à la tête, ce qui, encore une fois est bien pratique puisque nous ne pourrons pas vérifier quoique ce soit. S'agit-il effectivement d'une femme assise comme ce 'document' est censé le montrer (mais alors pourquoi camoufler la victime ? lorsque l'on cherche à faire un exemple, on montre le visage en général) ?. Honnêtement, absolument personne ne peut l'affirmer.

  • L'assassinat enfin : comme par hasard, la scène elle-même est tronquée, et l'on passe directement d'une victime assise à une victime couchée. Il manque bien une dizaine de secondes à ce 'document'. Il s'agit donc d'un montage. Et je dis bien montage, car s'il s'était agit d'un arrête délibéré d'enregistrement de la part du 'témoin', l'image vacillerait un minimum au moment de la coupure (essayez avec votre portable, vous verrez).

Cerise sur le gâteau : en fonction des sources, la position du 'bourreau' n'est pas la même, ni celle de la victime. Un peu comme si la scène avait été tournée plusieurs fois. Sur le photo-montage ci-dessus, j'ai collé deux documents différents : une copie de la vidéo AFP postée sur Youtube, et l'image illustrant l'article de lci.tf1.fr. J'ai modifié l'échelle du second document pour coller avec l'échelle du premier. Vous ne remarquez rien ?

Ce document est au minimum un fake, un montage grossier. Accepté tel-quel par les médias occidentaux, il devient instrument de propagande. Dans quel but ? Faire accepter par les populations occidentales le coûteux déploiement de forces en Afghanistan ? Essayer de faire fléchir les gouvernements pro-retrait anticipé comme la France ?

Les évènements qui se déroulent en Syrie en ce moment sont relayés par nos médias exactement de la même façon. Aucune information n'est vérifiée. Aucun document un peu sérieux n'est visible. Quand il y a des images, elles sont issues de téléphones portables et sont de qualité si médiocre qu'il est évidemment impossible de faire un lien sérieux avec quoi que ce soit.

Ah, on nous en montre de ces vidéos grésillantes montrant des paysages de toits par dessus lesquels s'élèvent des colonnes de fumées noire.

Mais les soit-disant reporters qui sont en Syrie, infiltrés parmi les rebelles, ils sont bien équipés d'appareils photos professionnels à 2 ou 3000 euros pièce, non ? Ces appareils là, ça vous donne des images ultra-nettes. Alors ? Elles sont où ces images ?

Et puis ces chiffres de morts par milliers émis jour après jour par l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme ? Mais c'est quoi, ça, l'OSDH ? Ca existe au moins ? Quel journaliste a-t-il fait son travail et nous a validé cette source ? Elle est anonyme, cette source. Autrement dit, les informations en provenance de l'OSDH sont invérifiables, hautement sujettes à caution, et en plus manifestement partisanes puisqu'elles comptabilisent comme victime civile toute victime non militaire. C'est bien pratique quand il s'agit d'affirmer que l'état Syrien réprime férocement une insurrection pacifique et non armée. Mais ça ne colle pas avec le nombre étrangement croissant des victimes dans les rangs de l'armée régulière Syrienne.

Il serait temps d'obliger pénalement les journalistes à ne citer que des sources identifiées clairement et validées. Dans le cas contraire, leurs 'articles' devraient pouvoir être dénoncés comme propagande, et condamnés comme tels, avec la plus grande fermeté.

Par Nicolas Renaudet, le 09/07/2012 10:46
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